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La paranoïa

03 Fév

La paranoïa en relations publiques peut avoir plusieurs effets et prendre plusieurs visages. Bien que parfois bénéfique parce qu’elle nous aide à entrevoir les potentiels de crises pouvant affecter notre organisation, elle peut aussi entraîner des dérives qui contreviennent à notre déontologie professionnelle, donc à une saine pratique, et ainsi mettre en péril la fragile relation avec nos diverses parties prenantes.

TUpUne saine paranoïa nous permet d’anticiper le pire
Une plus grande paranoïa au sein des organisations pourrait contribuer à une meilleure détection des potentiels de crise : bris mécaniques, défaillances technologiques, équipement inadéquats, conflits latents à l’interne, enjeux conflictuels avec des groupes d’intérêts, etc.

Dans ce cadre, la paranoïa agit comme un signal d’alarme qui nous aide à anticiper le pire afin de mettre en place des mécanismes visant à gérer chacun de ces enjeux, tant à l’interne qu’à l’externe, et ce dans le but d’éviter – le plus possible – l’émergence d’une crise.

Une saine paranoïa motive aussi la mise en place politiques et de balises visant à encadrer – et non contrôler – nos communications avec nos parties prenantes. C’est le cas des politiques globales de communication (voir la Politique de communication du gouvernement du Canada), de même que des politiques de gestion de leurs diverses plateformes sociales (voir la Politique sur les médias sociaux du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec).

TdownLes dérives de la paranoïa
Ceci dit, rappelons que le poison est dans la dose et qu’une trop grande paranoïa peut entraîner des dérives de repli et d’opacité au sein de l’organisation alors que certains – ou plusieurs – de ses acteurs se positionneront en contradiction avec les bonnes intentions énoncées dans ses politiques.

Là où il est sain d’encadrer la communication, on assiste à une volonté de tout contrôler, voire même d’ériger des “murs” visant à protéger l’organisation du “monde extérieur”. Bref, les organisations paranoïaques développent des comportements xénophobes qui nuiront à leur développement et à une saine gestion de leurs relations avec leurs publics et les médias.

À preuve, la hausse des demandes d’accès à l’information ainsi que les dérives de l’application de cette loi (délais inacceptables, contenu caviardé, etc.) récemment dénoncées par la Commissaire à l’information du Canada. Sans compter que de plus en plus d’organismes publics et parapublics dirigent les médias vers ce type de demande dans le but de gagner du temps.

Une telle dérive contrevient à l’article 1 de la déontologie professionnelle des relations publiques, tel qu’énoncé par la Société canadienne des relations publiques :

Tout membre doit pratiquer les relations publiques conformément aux plus hauts standards professionnels. Les membres doivent exercer leur profession conformément à l’intérêt du public et dans le respect de la dignité des personnes, tel que le prévoient les dispositions pertinentes de la Constitution canadienne et de la Charte des droits et libertés.

Cette situation est aussi décriée dans le rapport “Les politiques de communications gouvernementales au Québec : Dans l’intérêt du public ou du gouvernement?” produit par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, en novembre 2011, dont voici un extrait :

Au final, on comprend que pour le gouvernement, le devoir de transparence apparaît comme un mal nécessaire. Le soin minutieux apporté à la gestion des communications et les difficultés parfois lancinantes à obtenir des informations d’intérêt public complètes dans des délais raisonnables portent à penser que l’intérêt politique n’est jamais bien loin.

Le risque de dérive paranoïaque de l’après-Commission Charbonneau
On peut malheureusement prévoir que l’écoute électronique dont ont fait l’objet la FTQ et la FTQ-construction entraînera un sentiment paranoïaque de repli sur soi dans certaines organisations qui privilégieront une plus grande opacité sur l’ouverture et la transparence. On y mettra donc son énergie à ériger des murs de protection plutôt que de travailler avec authenticité à revoir et corriger les pratiques défaillantes.

Les relationnistes de ces organisations devront redoubler d’efforts afin de s’assurer de guider leurs dirigeants dans l’établissement de mécanismes visant assurer une saine gestion de réputation dans un cadre d’ouverture, en complicité avec leurs diverses parties prenantes.

 
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Publié par le février 3, 2014 dans RP, Uncategorized

 

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