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« Selfiegate » ou malaise au sein du 4e pouvoir

17 Fév

SelfieLe milieu journalistique international a été sidéré, mardi dernier, par les autopotraits de journalistes français – appelés « selfies » – lors de la visite officielle du président François Hollande à la Maison Blanche. Réprimendés par les services de sécurité de la Maison Blanche et vertement critiqués dans les médias et sur les réseaux sociaux, les journalistes français ne semblent toujours pas comprendre l’origine de toute cette commotion.

(voir NBC, Le Point, La Presse, et bien d’autres)

Selfie Le Monde

En haut, un des selfies les plus populaires de la semaine dernière, celui de Thomas Wieder (lunettes), journaliste politique du Monde. L’équipe politique du Monde l’a par la suite appuyé en publiant son propre selfie (à gauche) sur Twitter.

Ce qui est choquant, ce n’est pas seulement le manque flagrant de professionnalisme dont ils ont fait preuve, mais bien le fait qu’ils ont oublié le privilège que leur accorde leur fonction de représentants de la presse et la grande responsabilité qui en découle auprès de la population.

Alors qu’ils étaient là pour couvrir un événement politique important et jouer leur rôle de chien de garde de l’intérêt public, ils ont plutôt eu l’air d’une bande de touristes, impressionnés par le bureau ovale et les deux présidents!

L’utilisation des médias sociaux par les médias est importante afin de permettre au citoyen d’accéder à une couverture plus large de la nouvelle comme les détails en coulisses d’un événement et autres informations non officielles, par exemple. Mais le selfie d’un journaliste n’est pas de l’information et traduit un grave manque de jugement, peu importe la qualité de sa feuille de route.

Le ridicule ne tue pas mais…
Le selfie de Thomas Wieder a été ridiculisé cette semaine sur Twitter et a fait l’objet de parodies dont voici deux illustrations édifiantes:

Selfie_parodie_1 Selfie_parodie_2

Malheureusement, cela ne contribuera pas à améliorer l’estime de la population pour le métier de journalisme qui diminue un peu plus chaque année, et ce partout dans le monde occidental. À preuve, deux classements parus en 2013, l’un en Suisse et l’autre ici, au Québec. Dans les deux cas, le métier de journaliste inspire un taux de confiance bien en-deçà de 50%, soit 26% en Suisse (30% dans l’ensemble de l’Europe) et 42% au Québec selon une étude Léger Marketing publiée dans le Journal de Montréal du 11 octobre 2013.

Ces résultats sont très alarmant car il s’agit de l’une des professions névralgique qui contribue à maintenir en santé nos sociétés démocratiques.

Pendant ce temps, des journalistes risquent leur vie chaque jour…
Pendant que les journalistes français font les clowns à Washington, d’autres journalistes, incluant des journalistes-citoyens, tentent de faire progresser la liberté de presse et de parole au péril de leur vie. Selon le bilan 2013 de l’ONG Reporters sans frontières, 71 journalistes ont été tués, une baisse de 20% mais un chiffre toujours incompréhensible, alors que 87 ont été enlevés (+ 129%) et 2160 ont été agressés ou menacés (+9%). Quant aux journalistes-citoyens (incluant les blogueurs), 39 ont été tués et 127 ont été arrêtés.

 
 

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