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“Spin doctors” et journalistes : une influence à double sens

06 Avr

Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Tremblay http://ici.radio-canada.ca/emissions/c_est_pas_trop_tot

Il s’est dit beaucoup de choses dans cette campagne électorale dont le débat a été souvent plus que houleux et où la boue a été lancée amoureusement de part et d’autre.

J’ai aussi entendu les médias parler le l’influence exercée par les stratèges des partis politiques envers eux. Ce faisant, un terme que je déteste a refait surface: Spin Doctor.

Spin Doctor est une expression à connotation négative pour désigner les relationnistes des partis politiques. Il implique l’usage de pratiques malhonnêtes visant à manipuler les médias dans le but de promouvoir un candidat, une idée ou encore un parti politiques. Ces pratiques sont loin du code de déontologie des relations publiques et encore plus loin d’une saine pratique de la profession. L’emploi de ce terme par les médias est un raccourci intellectuel démagogique et contribue à véhiculer une image négative du travail du relationniste.

Ces “pauvres” journalistes sous influence
Je travaille auprès des médias depuis plus de 15 ans et j’apprécie encore aujourd’hui la relation professionnelle que j’entretiens avec eux. La plupart ont à coeur de communiquer une information juste et objective, dans le meilleur intérêt du public. Mon travail consiste, lorsque je le peux, à faciliter leur accès et leur compréhension face à cette information. C’est aussi le travail des relationnistes des divers partis qui accompagnent les médias au cours d’une campagne électorale. Mais à entendre certains journalistes au cours des dernières semaines, ils sont les “pauvres” victimes de tactiques de manipulation de la part des “méchants” Spin doctors des partis politiques.

Remettons un peu tout cela en perspective :

  • La réalité des médias est la réalité perçue : les médias exercent une grande influence sur la population et ils le savent. Il est donc normal pour les relationnistes de tenter de faire passer leurs messages par ces canaux. Cela ne veut toutefois pas dire que le message est malhonnête ou qu’il n’est pas dans l’intérêt du public d’en être informé.

Par exemple, les deux premières semaines de la campagne électorale ont été monopolisées par le débat référendaire alors que les partis ont procédé à plusieurs annonces qui visaient à faire connaître d’autres facettes de leur programme. Or, les questions en point de presse revenaient sur la question de la souveraineté et très peu d’importance était accordée à l’information que le parti tentait de communiquer. Ainsi, par le filtre des médias qui n’en avait que pour la chicane référendaire, des questions comme l’éducation, l’économie, l’environnement ou la culture ont eu très peu de couverture médiatique.

  • Les journalistes exercent aussi des tactiques d’influence : par la façon dont ils réalisent une entrevue ou encore le choix des questions posées en conférence de presse, par les choix éditoriaux de couvrir ou non une nouvelle et de l’importance qui lui sera accordée, par le ton de leurs chroniqueurs et par le positionnement de leurs éditorialistes, les médias sont loin d’être neutres et réussisent aussi à faire passer leur vision de la réalité et leurs messages auprès du grand public. De plus, comme ils sont les diffuseurs, ils auront toujours le dernier mot, quoi qu’on en dise.

Laissons la boue aux politiciens…
mariageLes relations publiques et le journalisme sont deux professions encadrées par un code de déontologie qui vise à en encadrer l’éthique et la bonne pratique. Il s’agit d’un mariage de raison où nous avons besoin l’un de l’autre.

Nous avons chacun nos objectifs qui peuvent, à l’occasion, entrer en conflit, notamment lorsqu’une information sensible ne peut être divulguée au moment exact où le journaliste le voudrait. Un des objectifs du relationniste étant la gestion de la réputation de son organisation alors que celui du journaliste d’être le premier sur la nouvelle en exigeant une parfaite transparence de l’information, peu importe les conséquences. Dans le cadre d’une relation professionnelle honnête et respectueuse de la déontologie de chacun, il est possible de travailler ensemble malgré ces contraintes.

Je sais les journalistes intelligents et, malgré leur crainte constante d’être manipulés, ce n’est pas demain la veille qu’ils abandonneront tout sens critique. Donc laissons de côté les étiquettes démagogiques et élevons notre discours professionnel, maintenant que la campagne est terminée.

 
1 commentaire

Publié par le avril 6, 2014 dans Médias, RP, Uncategorized

 

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Une réponse à ““Spin doctors” et journalistes : une influence à double sens

  1. Denis Lacourse

    avril 6, 2014 at 4:54  

    Très bon commentaires, et de mise pour la situation présente. Continu de nous enrichir de tes articles. Félicitation.

     

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