RSS

Archives de mot-clé : FPJQ

Journaliste, une profession à protéger

Source image : lesaffaires.com

Les récentes coupures annoncées à Radio-Canada, conjuguées à celles réalisées dans les médias au cours des dernières années font craindre que le journaliste ne soit bientôt inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition.

L’Association canadienne des journalistes évalue pour sa part le nombre de postes de journalistes coupés à l’échelle canadienne à environ 2000 depuis deux ans. C’est la perte d’emplois la plus importante dans la profession depuis la vague des coupures de 2007-2009.

Les grandes entreprises médias justifient ces coupures par d’importantes restructurations liées aux bouleversements subis par l’industrie : crise de l’imprimé, nouvelles technologies de l’information et pertes importantes de revenus publicitaires.

Certains diront qu’il s’agit d’une redéfinition du rôle et de l’exercice du journalisme, mais force est de constater que la précarité qui entoure désormais la profession ne peut qu’en affaiblir la portée et l’influence.

Polyvalence et précarité

Les journalistes sont devenus de véritables hommes et femmes orchestre. Ils doivent en faire beaucoup plus avec moins de temps et de ressources. Alors qu’un journaliste pouvait “autrefois” préparer son article/reportage avec un photographe ou un caméraman, il doit maintenant souvent prendre lui-même ses photos, réaliser une vidéo et rédiger son texte pour diverses plateformes, le tout avec une date de tombée plus rapide – voire instantanée – afin de demeurer premier sur la nouvelle.

De plus, pour une grande partie de journalistes, le rêve d’être à l’emploi d’un grand média pour y faire carrière s’effrite, année après année. La réalité se loge désormais sous le signe de la précarité :

Perte de diversité de l’information et omniprésence de l’opinion

Demandez à n’importe quel relationniste et il vous confirmera que la présence des journalistes dans ses conférences de presse est devenue anémique. Moins de journalistes signifie aussi qu’il sera beaucoup plus difficile de les déplacer pour son événement ou son dévoilement. Bien sûr, un seul journaliste de QMI peut générer le même rayonnement de couverture (Journal de Montréal/Québec, Canoë, TVA/LCN, etc.)… à condition que la nouvelle soit reprise et pour une nouvelle reprise, combien sont désormais laissées de côté, faute de temps et de ressources ?

Moins de journalistes, signifie donc plus de concentration et moins de diversité dans l’information offerte au citoyen. Dans une perspective plus large, cette rarification des journalistes professionnels affecte la qualité et la diversité de l’information transmise, sans compter qu’elle compromet le rôle même de chien de garde des travailleurs du quatrième pouvoir.

C’est notamment ce qui a été décrié par près de 20 personnalités du service de l’information de Radio-Canada dans une lettre ouverte, le 30 avril dernier :

“Une émission comme Enquête, sans laquelle la Commission Charbonneau n’aurait pas vu le jour, est l’un des exemples les plus probants de la contribution de Radio Canada à la santé démocratique de notre pays. Sans les moyens dont nous disposions, les révélations qui ont fait économiser des dizaines de millions de dollars auraient été impossibles. Les compressions affectent aussi La facture, Découverte, La semaine verte, L’épicerie, Second regard, les émissions de la Première Chaîne et d’Espace Musique ainsi que les stations régionales.”

Et pendant que l’espace des journalistes rétrécit dans nos médias, celle de l’opinion augmente. En coupant des postes de journalistes et en allouant de plus en plus d’espace aux chroniqueurs d’opinion, l’information-spectacle occupe maintenant l’avant-scène, reléguant en coulisses le journaliste au rôle de simple faire-valoir.

 
1 commentaire

Publié par le mai 6, 2014 dans Médias

 

Mots-clés : , , , , , , , , , , , , ,

La paranoïa

La paranoïa en relations publiques peut avoir plusieurs effets et prendre plusieurs visages. Bien que parfois bénéfique parce qu’elle nous aide à entrevoir les potentiels de crises pouvant affecter notre organisation, elle peut aussi entraîner des dérives qui contreviennent à notre déontologie professionnelle, donc à une saine pratique, et ainsi mettre en péril la fragile relation avec nos diverses parties prenantes.

TUpUne saine paranoïa nous permet d’anticiper le pire
Une plus grande paranoïa au sein des organisations pourrait contribuer à une meilleure détection des potentiels de crise : bris mécaniques, défaillances technologiques, équipement inadéquats, conflits latents à l’interne, enjeux conflictuels avec des groupes d’intérêts, etc.

Dans ce cadre, la paranoïa agit comme un signal d’alarme qui nous aide à anticiper le pire afin de mettre en place des mécanismes visant à gérer chacun de ces enjeux, tant à l’interne qu’à l’externe, et ce dans le but d’éviter – le plus possible – l’émergence d’une crise.

Une saine paranoïa motive aussi la mise en place politiques et de balises visant à encadrer – et non contrôler – nos communications avec nos parties prenantes. C’est le cas des politiques globales de communication (voir la Politique de communication du gouvernement du Canada), de même que des politiques de gestion de leurs diverses plateformes sociales (voir la Politique sur les médias sociaux du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec).

TdownLes dérives de la paranoïa
Ceci dit, rappelons que le poison est dans la dose et qu’une trop grande paranoïa peut entraîner des dérives de repli et d’opacité au sein de l’organisation alors que certains – ou plusieurs – de ses acteurs se positionneront en contradiction avec les bonnes intentions énoncées dans ses politiques.

Là où il est sain d’encadrer la communication, on assiste à une volonté de tout contrôler, voire même d’ériger des “murs” visant à protéger l’organisation du “monde extérieur”. Bref, les organisations paranoïaques développent des comportements xénophobes qui nuiront à leur développement et à une saine gestion de leurs relations avec leurs publics et les médias.

À preuve, la hausse des demandes d’accès à l’information ainsi que les dérives de l’application de cette loi (délais inacceptables, contenu caviardé, etc.) récemment dénoncées par la Commissaire à l’information du Canada. Sans compter que de plus en plus d’organismes publics et parapublics dirigent les médias vers ce type de demande dans le but de gagner du temps.

Une telle dérive contrevient à l’article 1 de la déontologie professionnelle des relations publiques, tel qu’énoncé par la Société canadienne des relations publiques :

Tout membre doit pratiquer les relations publiques conformément aux plus hauts standards professionnels. Les membres doivent exercer leur profession conformément à l’intérêt du public et dans le respect de la dignité des personnes, tel que le prévoient les dispositions pertinentes de la Constitution canadienne et de la Charte des droits et libertés.

Cette situation est aussi décriée dans le rapport “Les politiques de communications gouvernementales au Québec : Dans l’intérêt du public ou du gouvernement?” produit par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, en novembre 2011, dont voici un extrait :

Au final, on comprend que pour le gouvernement, le devoir de transparence apparaît comme un mal nécessaire. Le soin minutieux apporté à la gestion des communications et les difficultés parfois lancinantes à obtenir des informations d’intérêt public complètes dans des délais raisonnables portent à penser que l’intérêt politique n’est jamais bien loin.

Le risque de dérive paranoïaque de l’après-Commission Charbonneau
On peut malheureusement prévoir que l’écoute électronique dont ont fait l’objet la FTQ et la FTQ-construction entraînera un sentiment paranoïaque de repli sur soi dans certaines organisations qui privilégieront une plus grande opacité sur l’ouverture et la transparence. On y mettra donc son énergie à ériger des murs de protection plutôt que de travailler avec authenticité à revoir et corriger les pratiques défaillantes.

Les relationnistes de ces organisations devront redoubler d’efforts afin de s’assurer de guider leurs dirigeants dans l’établissement de mécanismes visant assurer une saine gestion de réputation dans un cadre d’ouverture, en complicité avec leurs diverses parties prenantes.

 
Laisser un commentaire

Publié par le février 3, 2014 dans RP, Uncategorized

 

Mots-clés : , , , , , , ,