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Archives de mot-clé : Médias

Dans l’ombre de l’actualité

Vous l’avez planifié il y a plusieurs mois déjà, les dépenses ont été engagées. Les messages-clés sont approuvés. Les allocutions sont rédigées. Les éléments techniques sont opérationnels. Les intervenants sont prêts. L’équipe est prête. Le café et les croissants sont commandés. Les médias ont été invités sur le fil de presse.Tout est en place pour votre conférence de presse… jusqu’à ce qu’un fou ne s’introduise avec une arme dans le Parlement d’Ottawa, causant ainsi un tsunami médiatique où chaque média à l’échelle nationale y concentre 110 % de son espace.

Votre pire cauchemar de relationniste vient de se réaliser.
Vous venez de sombrer dans l’ombre de l’actualité.

Image : CBC.ca

Organiser un événement de presse n’est jamais une garantie que la couverture médiatique sera un succès et nous devenons tous, d’une certaine façon, tributaires des sursauts soudains de l’actualité qui viendront nous dérober l’intérêt des médias envers notre message. Parlez-en à tous les relationnistes qui ont grincé des dents à plus d’une reprise durant le printemps érable de 2011. Bien des manifestations d’étudiants ont ainsi rendu caduques nos efforts médiatiques car perçues plus attractives et spectaculaires aux yeux des médias.

Même en vérifiant à l’avance la présence d’éventuels événements de presse concurrents, nul n’est à l’abri d’un accident spectaculaire de la route, d’un désespéré agrippé sur le Pont Jacques-Cartier ou d’un dangereux désaxé qui fait irruption dans un lieu public avec une arme. Que fait-on dans ce cas ? Annuler ? C’est à évaluer au cas par cas.

En effet, tous les éléments perturbateurs n’ont pas la même portée médiatique. Par exemple, une manifestation étudiante impromptue viendra certes vous prendre quelques caméras qui devaient se présenter à votre conférence de presse. Par contre, le bulletin d’information ne sera pas entièrement mobilisé sur cet événement et il sera tout de même possible de vous y tailler une place, notamment avec une entrevue en studio ou une mention plus brève, mais une présence tout de même.

L’Ombudsman de l’Ontario : événement annulé
Dans le cas d’événements comme ceux d’Ottawa cette semaine, on ne peut rien faire et mieux vaut annuler si on a le temps de réagir. C’est ce qu’a fait l’Ombudsman de l’Ontario qui devait rencontrer la presse à 13 h sur la manière dont le gouvernement traite les plaintes à propos des fournisseurs non agréés de services de garde d’enfants. La fusillade ayant eu lieu vers 9 h 30, ils ont eu le temps de prendre la mesure des événements et ont pris la juste décision de reporter la conférence de presse. Avoir maintenu le cap aurait pu créer un malaise tout en tombant dans l’indifférence médiatique la plus totale.

Silence radio pour la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral
Chez nous, au Québec, certaines conférences de presse étaient prévues en avant-midi. Il était donc difficile pour les organisateurs de réagir puisque celles-ci étaient prévues au moment – ou peu après – où se déroulaient les événements à Ottawa. Par contre, elles n’ont probablement pas eu l’occasion de récolter les retombées médias espérées. Les relationnistes ont donc dû mettre plus d’emphase sur la relance personnalisée de journalistes-clés, les réseaux sociaux et la communication directe auprès des partenaires afin de relayer l’information. C’est le cas de la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales (10 h 15) et du Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales du Québec (11 h), toutes deux tenues dans le cadre de la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral. Malheureusement, dans les deux cas, leur message n’a pu être entendu dans les médias.

Manifestation à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : la FSSS-CSN maintient le cap
Du côté des syndicats montréalais de la FSSS-CSN, il aurait été préférable d’annuler et de reporter la manifestation visant à dénoncer les compressions budgétaires à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont prévue mercredi, à 12 h. À cette heure, les événements d’Ottawa étaient bien connus et les chaînes de nouvelles continues couvraient déjà la nouvelle de façon opaque. Résultat : seul le Journal de Rosemont en a fait mention, ce qui passe à côté de l’objectif de faire pression sur le Gouvernement. Au moins, ils ont pu compter sur un article du journal Métro rédigé la veille au moment de la publication de leur invitation média.

L’AQCPE réussit à s’en tirer grâce à une tournée régionale
La conférence de presse de l’Association Québécoise des Centres de la petite enfance (AQCPE) visait à lancer une tournée de mobilisation régionale incluant les régions des Laurentides, de Lanaudière de la Mauricie et de l’Estrie. Outre une mention nationale à Radio-Canada, le 24 octobre et non le 22, l’organisme pourra espérer recueillir une couverture au sein des médias des régions visitées.

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

 
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Publié par le octobre 26, 2014 dans Uncategorized

 

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Pour ou contre la « cassette » ?

cassetteLe 29 mai dernier, les lignes de presse du gouvernement Couillard ont été coulées par mégarde dans les médias. Ces derniers ont fait leurs choux gras de cette boulette de l’entourage du premier ministre, ridiculisant au passage ces parcelles de « cassette » destinées aux ministres libéraux.

Je trouve que certains représentants des médias y sont tout de même allés un peu fort.

Même si je ne suis pas d’accord avec le fait de répéter un même message de façon robotique sans écoute ni adaptation face à l’enjeu en question, je sais que les médias apprécient des réponses d’entrevues un peu plus adaptées à leurs contraintes de diffusion. Il est donc un peu hypocrite de leur part de condamner tout effort de préparation à l’entrevue.

Avoir ou ne pas avoir de « cassette »?

La préparation de lignes de presses quotidiennes se défend très bien car à la vitesse où va l’information, notamment avec les chaînes continues et les médias sociaux, l’exigence de pondre une « clip » rapide et intelligente se fait de plus en plus pressante et peu insécuriser bien des intervenants politiques. Les lignes de presse les aideront donc à avoir une assise sur laquelle bâtir leurs messages de la journée.

Malheureusement, alors que certains ministres comprendront qu’ils doivent s’approprier ces messages et les enrichir afin de transmettre une information plus complète et adaptée aux préoccupations de leurs parties prenantes, d’autres les répéteront comme un vieux disque usé, générant au passage frustration chez l’intervieweur et cynisme chez l’auditeur.

Rappelons que l’entrevue est une opportunité de transmettre son message auprès de son public cible. Qu’il s’agisse d’informer, de convaincre ou de rassurer, le temps passé en ondes doit aider l’organisme ou l’individu à atteindre cet objectif. Ceci dit, il s’agit aussi d’être à l’écoute du journaliste et d’avoir un réel échange, ce qui n’empêche pas de communiquer ses messages-clés de la façon la plus fluide et naturelle possible.

Or, un intervenant qui n’est pas à l’écoute de l’intervieweur et qui répète inlassablement sa « cassette » ne saura pas trouver une oreille attentive auprès du public et passera à côté de son objectif premier.

Bref…

  • POUR une préparation sous forme de messages clés permettant au porte-parole d’atteindre son objectif de communication auprès du public visé…
  • CONTRE l’utilisation robotique et non contextualisée de ces messages dans le cadre de l’entrevue…

Et vous, POUR ou CONTRE la « cassette » ?

 
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Publié par le juin 23, 2014 dans Médias, Uncategorized

 

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“Spin doctors” et journalistes : une influence à double sens

Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Tremblay http://ici.radio-canada.ca/emissions/c_est_pas_trop_tot

Il s’est dit beaucoup de choses dans cette campagne électorale dont le débat a été souvent plus que houleux et où la boue a été lancée amoureusement de part et d’autre.

J’ai aussi entendu les médias parler le l’influence exercée par les stratèges des partis politiques envers eux. Ce faisant, un terme que je déteste a refait surface: Spin Doctor.

Spin Doctor est une expression à connotation négative pour désigner les relationnistes des partis politiques. Il implique l’usage de pratiques malhonnêtes visant à manipuler les médias dans le but de promouvoir un candidat, une idée ou encore un parti politiques. Ces pratiques sont loin du code de déontologie des relations publiques et encore plus loin d’une saine pratique de la profession. L’emploi de ce terme par les médias est un raccourci intellectuel démagogique et contribue à véhiculer une image négative du travail du relationniste.

Ces “pauvres” journalistes sous influence
Je travaille auprès des médias depuis plus de 15 ans et j’apprécie encore aujourd’hui la relation professionnelle que j’entretiens avec eux. La plupart ont à coeur de communiquer une information juste et objective, dans le meilleur intérêt du public. Mon travail consiste, lorsque je le peux, à faciliter leur accès et leur compréhension face à cette information. C’est aussi le travail des relationnistes des divers partis qui accompagnent les médias au cours d’une campagne électorale. Mais à entendre certains journalistes au cours des dernières semaines, ils sont les “pauvres” victimes de tactiques de manipulation de la part des “méchants” Spin doctors des partis politiques.

Remettons un peu tout cela en perspective :

  • La réalité des médias est la réalité perçue : les médias exercent une grande influence sur la population et ils le savent. Il est donc normal pour les relationnistes de tenter de faire passer leurs messages par ces canaux. Cela ne veut toutefois pas dire que le message est malhonnête ou qu’il n’est pas dans l’intérêt du public d’en être informé.

Par exemple, les deux premières semaines de la campagne électorale ont été monopolisées par le débat référendaire alors que les partis ont procédé à plusieurs annonces qui visaient à faire connaître d’autres facettes de leur programme. Or, les questions en point de presse revenaient sur la question de la souveraineté et très peu d’importance était accordée à l’information que le parti tentait de communiquer. Ainsi, par le filtre des médias qui n’en avait que pour la chicane référendaire, des questions comme l’éducation, l’économie, l’environnement ou la culture ont eu très peu de couverture médiatique.

  • Les journalistes exercent aussi des tactiques d’influence : par la façon dont ils réalisent une entrevue ou encore le choix des questions posées en conférence de presse, par les choix éditoriaux de couvrir ou non une nouvelle et de l’importance qui lui sera accordée, par le ton de leurs chroniqueurs et par le positionnement de leurs éditorialistes, les médias sont loin d’être neutres et réussisent aussi à faire passer leur vision de la réalité et leurs messages auprès du grand public. De plus, comme ils sont les diffuseurs, ils auront toujours le dernier mot, quoi qu’on en dise.

Laissons la boue aux politiciens…
mariageLes relations publiques et le journalisme sont deux professions encadrées par un code de déontologie qui vise à en encadrer l’éthique et la bonne pratique. Il s’agit d’un mariage de raison où nous avons besoin l’un de l’autre.

Nous avons chacun nos objectifs qui peuvent, à l’occasion, entrer en conflit, notamment lorsqu’une information sensible ne peut être divulguée au moment exact où le journaliste le voudrait. Un des objectifs du relationniste étant la gestion de la réputation de son organisation alors que celui du journaliste d’être le premier sur la nouvelle en exigeant une parfaite transparence de l’information, peu importe les conséquences. Dans le cadre d’une relation professionnelle honnête et respectueuse de la déontologie de chacun, il est possible de travailler ensemble malgré ces contraintes.

Je sais les journalistes intelligents et, malgré leur crainte constante d’être manipulés, ce n’est pas demain la veille qu’ils abandonneront tout sens critique. Donc laissons de côté les étiquettes démagogiques et élevons notre discours professionnel, maintenant que la campagne est terminée.

 
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Publié par le avril 6, 2014 dans Médias, RP, Uncategorized

 

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