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Archives de mot-clé : relations publiques

Larguer ou non son porte-parole ?

Photo : site Web http://7jours.ca

Tout le bruit suscité récemment par « l’affaire » Joël Legendre dans les médias tradionnels et sur les réseaux sociaux nous rappelle à quel point le tribunal de l’opinion publique peut être brutal et rendre complètement radioactif « l’accusé » dont le statut social, la crédibilité et la réputation viennent de fondre comme neige au soleil.

Que l’on soit d’accord ou non… Que la réaction exprimée soit disproportionnée ou non… Là n’est pas la question pour les organismes qui se sont associés avec cette personnalité publique.

Larguer ou non son porte-parole, voilà la question qu’ils doivent se poser, et vite!

Comme responsable des communications, votre rôle est de gérer la réputation de votre marque et non celle de votre porte-parole. Aussi insensible que cela puisse paraître, c’est ce qui doit primer si les actions de votre porte-parole risquent d’éclabousser la crédibilité et la confiance du public face à votre organisation.

J’ai donc été surprise de constater qu’en date de vendredi, Opération enfant soleil et l’Expo Manger Santé et Vivre Vert ne s’étaient toujours pas positionnées sur cette question. Comme ces organisations rejoignent toutes deux un public familial – surtout Opération enfant soleil – il valait mieux communiquer rapidement afin de se dissocier publiquement de leur porte-parole, et ce afin de s’assurer que les actions de ce dernier n’aient pas le temps d’entacher leur marque dont la crédibilité est si longue à bâtir mais si rapide à détruire.

Samedi, un article dans le Journal de Montréal relatait que M. Legendre n’animera pas le prochain gala Opération enfant soleil mais on constate qu’il s’agit d’une conséquence de sa décision de se retirer de la vie publique et non d’une décision de l’organisation. Dans ce cadre, le manque de proactivité de l’organisme se faisait sentir dans les commentaires des internautes. Du côté de l’Expo Manger Santé et Vivre Vert, silence radio au moment d’écrire ces lignes.

Larguer ou non son porte parole ?

Même s’il faut agir vite lorsque son porte-parole se met dans l’eau chaude, il ne faut pas succomber à la panique et prendre le temps de se poser les questions suivantes :

  • Est-ce que les actions du porte-parole entrent en conflit avec notre mission ou nos valeurs ?
  • Est-ce que les actions du porte-parole peuvent porter ombrage ou nuire à notre réputation de quelque façon que ce soit ?
  • Y a-t-il un moyen de tourner cette crise en opportunité pour notre marque tout en conservant notre association avec ce porte-parole ?

Selon les réponses, l’organisation doit agir promptement, soit en « divorçant » de son porte-parole ou en lançant une campagne de communication visant à transformer l’événement en opportunité. Cette deuxième option, dans le cas présent, est difficile à envisager pour les organismes cités plus haut qui ont recruté M. Legendre pour son image de bon père de famille et de personnalité « propre ».

Photo : Martine Doyon Site Web : http://www.coupdepouce.com

Afin d’illustrer ce propos autrement, prenons l’exemple de Normand Brathwaite qui s’était fait arrêter pour ivresse au volant il y a plus de 20 ans alors qu’il était porte-parole de la Fédération des producteurs de lait du Québec. La Fédération avait alors mis fin à son contrat puisque les actions de ce dernier n’étaient plus fidèles au produit, au message et aux valeurs véhiculées. Sans compter qu’elles ouvraient la porte à de mauvaises blagues qui auraient pu se répercuter négativement sur la marque « Le Lait ».

Supposons maintenant qu’il ait été porte-parole pour Réno Dépôt à l’époque (ce qui n’était pas encore le cas). L’événement n’aurait eu que très peu d’incidence sur la réputation du détaillant puisqu’il n’entrait pas en conflit  avec la mission, les valeurs ou les produits de l’entreprise.

Encore mieux, privé de sa voiture pour un an suite à sa condamnation, un angle d’autodérision aurait pu être joué avec succès avec M. Brathwaite pour promouvoir des produits comme un cadenas pour son vélo, un tracteur-tondeuse pour se déplacer, etc., transformant ainsi la controverse en opportunité, tant pour l’entreprise que pour le porte-parole.

 
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Publié par le mars 14, 2015 dans RP

 

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Communication bidirectionnelle symétrique : utopie ?

Image : ici.radio-canada.ca

Un des fondements théoriques moteur de la formation des professionnels en relations publiques sont les modèles de communication bidirectionnelle asymétrique et de communication bidirectionnelle symétrique (Grunig, note 1). Dans le premier, le communicateur cherche à transmettre son message et à influencer son public cible dans la poursuite de l’atteinte de ses objectifs stratégiques.

Le second modèle, bien que plus idéaliste, vise plus une dynamique d’interinfluence entre une organisation et ses parties prenantes. C’est-à-dire que le communicateur acceptera d’adapter son message ou même sa stratégie afin de prendre en considération les préoccupations ou encore les enjeux de son public cible.

Tant dans la sphère universitaire qu’au sein d’associations professionnelles des relations publiques, le modèle symétrique est perçu et promu comme l’idéal à atteindre dans le cadre des meilleures pratiques en relations publiques.

Utopiste ou réaliste ?

Le modèle asymétrique est, bien sûr, le plus répandu, et ce tant du côté des organisations que des groupes de pression. On assiste alors ici à un dialogue de sourds où on tire à boulet rouge sur l’adversaire sans tenter de comprendre ses enjeux ou ses objectifs. Ce faisant, chacun se radicalise de son côté et toute perspective de dialogue constructif et de compromis devient caduque.

Nous en avons eu un bel exemple cette semaine avec la fuite de la stratégie de communication de Trans Canada / Edelman et la réaction épidermique des médias et des groupes de pression – lire sur ce sujet, l’excellent point de vue de Guy Versailles, publié dans Le Devoir du 22 novembre. Dans ce débat, tant Trans Canada que les groupes environnementaux sont dans une dynamique asymétrique, cherchant chacun à gagner du terrain dans la bataille de l’opinion publique.

Est-il possible, dans une société où les organisations et les politiciens gèrent à courte vue, les uns concentrés sur les fluctuations de leur action en bourse et les autres sur l’humeur du moment de l’électorat, de réellement s’engager dans une communication bidirectionnelle symétrique? Est-il réaliste de croire que toutes les parties prenantes d’un enjeu puissent se considérer sur un même pied d’égalité et non seulement comme des éponges réciproques qui doivent absorber passivement le message et l’influence de l’autre? Je continue à croire que oui… et je ne suis pas la seule.

Avec l’aide de plateformes de discussion numériques et des réseaux sociaux, il existe maintenant de réels exemples de communication bidirectionnelle symétrique. Certains sont toujours imparfaits, certes, mais l’intention derrière la communication est plus fidèle au modèle symétrique qu’asymétrique (Note 2).

1. MinesQc.com (Minalliance) : Lancé en février 2014, ce site est une initiative du fonds de communication de la filière minérale québécoise, Minalliance, qui vise à engager un dialogue avec les citoyens et à répondre à leurs questions, afin qu’ils puissent se forger leur propre opinion de l’industrie. Les questions et les commentaires sont transmis à des représentants de l’industrie, à des chercheurs et à des experts indépendants pour fournir aux citoyens du Québec des réponses documentées et transparentes. Les groupes de pression sont aussi invités à y contribuer.

2. Nos aliments. Vos questions. (McDonald’s) : Déployé à l’échelle internationale, cette plateforme de discussion de McDonald’s permet à tout un chacun de poser les questions les plus farfelues aux géant de la restauration rapide qui y répond de la façon la plus transparente possible. Résultat : la perception sur la qualité des aliments offerts a augmenté de 50 % au Canada.

En somme, je ne crois pas qu’une initiative de communication bidirectionnelle symétrique soit une utopie. Elle n’est pas fréquente mais elle est possible. Par contre, elle exige une certaine grandeur et une volonté partagée par chacune des parties prenantes de mettre en commun leurs efforts afin de faire avancer un enjeu à la satisfaction de tous. Cela implique de faire certains compromis. Malheureusement, c’est là où le bas blesse dans la plupart des cas.


En lien avec ce sujet, je vous recommande de lire « Les relations publiques autrement – vers un nouveau modèle de pratique« , publié en 2010 par Matthieu Sauvé aux Presses de l’Université du Québec. L’auteur y présente de façon très critique certains fondements théoriques des relations publiques et propose un modèle social des relations publiques. C’est-à-dire qu’au lieu de n’être qu’au service des objectifs de son organisation, le relationniste vient rallier et faciliter la compréhension et l’émergence d’un consensus entre toutes les parties prenantes. Les relations publiques jouent donc un rôle central dans le rapprochement des parties et le dénouement d’enjeux à la satisfaction de tous. (Note 3)

Modele_social


Notes :

1- Grunig James E. et Larissa A. Grunig, 1992, « Models of Public Relations and Communication, dans J. E. Grunig », Excellence in Public Relations and Communication Management, Hillsdale : Laurence Erlbaum Associates, pp. 285-325.

2- Référence Minalliance et McDonald’s : Social Media Activism by @TomLiacas

3- Matthieu Sauvé, 2010, Les relations publiques autrement – vers un nouveau modèle de pratique, Presses de l’Université du Québec.

 
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Publié par le novembre 23, 2014 dans Uncategorized

 

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Dans l’ombre de l’actualité

Vous l’avez planifié il y a plusieurs mois déjà, les dépenses ont été engagées. Les messages-clés sont approuvés. Les allocutions sont rédigées. Les éléments techniques sont opérationnels. Les intervenants sont prêts. L’équipe est prête. Le café et les croissants sont commandés. Les médias ont été invités sur le fil de presse.Tout est en place pour votre conférence de presse… jusqu’à ce qu’un fou ne s’introduise avec une arme dans le Parlement d’Ottawa, causant ainsi un tsunami médiatique où chaque média à l’échelle nationale y concentre 110 % de son espace.

Votre pire cauchemar de relationniste vient de se réaliser.
Vous venez de sombrer dans l’ombre de l’actualité.

Image : CBC.ca

Organiser un événement de presse n’est jamais une garantie que la couverture médiatique sera un succès et nous devenons tous, d’une certaine façon, tributaires des sursauts soudains de l’actualité qui viendront nous dérober l’intérêt des médias envers notre message. Parlez-en à tous les relationnistes qui ont grincé des dents à plus d’une reprise durant le printemps érable de 2011. Bien des manifestations d’étudiants ont ainsi rendu caduques nos efforts médiatiques car perçues plus attractives et spectaculaires aux yeux des médias.

Même en vérifiant à l’avance la présence d’éventuels événements de presse concurrents, nul n’est à l’abri d’un accident spectaculaire de la route, d’un désespéré agrippé sur le Pont Jacques-Cartier ou d’un dangereux désaxé qui fait irruption dans un lieu public avec une arme. Que fait-on dans ce cas ? Annuler ? C’est à évaluer au cas par cas.

En effet, tous les éléments perturbateurs n’ont pas la même portée médiatique. Par exemple, une manifestation étudiante impromptue viendra certes vous prendre quelques caméras qui devaient se présenter à votre conférence de presse. Par contre, le bulletin d’information ne sera pas entièrement mobilisé sur cet événement et il sera tout de même possible de vous y tailler une place, notamment avec une entrevue en studio ou une mention plus brève, mais une présence tout de même.

L’Ombudsman de l’Ontario : événement annulé
Dans le cas d’événements comme ceux d’Ottawa cette semaine, on ne peut rien faire et mieux vaut annuler si on a le temps de réagir. C’est ce qu’a fait l’Ombudsman de l’Ontario qui devait rencontrer la presse à 13 h sur la manière dont le gouvernement traite les plaintes à propos des fournisseurs non agréés de services de garde d’enfants. La fusillade ayant eu lieu vers 9 h 30, ils ont eu le temps de prendre la mesure des événements et ont pris la juste décision de reporter la conférence de presse. Avoir maintenu le cap aurait pu créer un malaise tout en tombant dans l’indifférence médiatique la plus totale.

Silence radio pour la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral
Chez nous, au Québec, certaines conférences de presse étaient prévues en avant-midi. Il était donc difficile pour les organisateurs de réagir puisque celles-ci étaient prévues au moment – ou peu après – où se déroulaient les événements à Ottawa. Par contre, elles n’ont probablement pas eu l’occasion de récolter les retombées médias espérées. Les relationnistes ont donc dû mettre plus d’emphase sur la relance personnalisée de journalistes-clés, les réseaux sociaux et la communication directe auprès des partenaires afin de relayer l’information. C’est le cas de la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales (10 h 15) et du Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales du Québec (11 h), toutes deux tenues dans le cadre de la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral. Malheureusement, dans les deux cas, leur message n’a pu être entendu dans les médias.

Manifestation à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : la FSSS-CSN maintient le cap
Du côté des syndicats montréalais de la FSSS-CSN, il aurait été préférable d’annuler et de reporter la manifestation visant à dénoncer les compressions budgétaires à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont prévue mercredi, à 12 h. À cette heure, les événements d’Ottawa étaient bien connus et les chaînes de nouvelles continues couvraient déjà la nouvelle de façon opaque. Résultat : seul le Journal de Rosemont en a fait mention, ce qui passe à côté de l’objectif de faire pression sur le Gouvernement. Au moins, ils ont pu compter sur un article du journal Métro rédigé la veille au moment de la publication de leur invitation média.

L’AQCPE réussit à s’en tirer grâce à une tournée régionale
La conférence de presse de l’Association Québécoise des Centres de la petite enfance (AQCPE) visait à lancer une tournée de mobilisation régionale incluant les régions des Laurentides, de Lanaudière de la Mauricie et de l’Estrie. Outre une mention nationale à Radio-Canada, le 24 octobre et non le 22, l’organisme pourra espérer recueillir une couverture au sein des médias des régions visitées.

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

 
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Publié par le octobre 26, 2014 dans Uncategorized

 

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“Spin doctors” et journalistes : une influence à double sens

Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Tremblay http://ici.radio-canada.ca/emissions/c_est_pas_trop_tot

Il s’est dit beaucoup de choses dans cette campagne électorale dont le débat a été souvent plus que houleux et où la boue a été lancée amoureusement de part et d’autre.

J’ai aussi entendu les médias parler le l’influence exercée par les stratèges des partis politiques envers eux. Ce faisant, un terme que je déteste a refait surface: Spin Doctor.

Spin Doctor est une expression à connotation négative pour désigner les relationnistes des partis politiques. Il implique l’usage de pratiques malhonnêtes visant à manipuler les médias dans le but de promouvoir un candidat, une idée ou encore un parti politiques. Ces pratiques sont loin du code de déontologie des relations publiques et encore plus loin d’une saine pratique de la profession. L’emploi de ce terme par les médias est un raccourci intellectuel démagogique et contribue à véhiculer une image négative du travail du relationniste.

Ces “pauvres” journalistes sous influence
Je travaille auprès des médias depuis plus de 15 ans et j’apprécie encore aujourd’hui la relation professionnelle que j’entretiens avec eux. La plupart ont à coeur de communiquer une information juste et objective, dans le meilleur intérêt du public. Mon travail consiste, lorsque je le peux, à faciliter leur accès et leur compréhension face à cette information. C’est aussi le travail des relationnistes des divers partis qui accompagnent les médias au cours d’une campagne électorale. Mais à entendre certains journalistes au cours des dernières semaines, ils sont les “pauvres” victimes de tactiques de manipulation de la part des “méchants” Spin doctors des partis politiques.

Remettons un peu tout cela en perspective :

  • La réalité des médias est la réalité perçue : les médias exercent une grande influence sur la population et ils le savent. Il est donc normal pour les relationnistes de tenter de faire passer leurs messages par ces canaux. Cela ne veut toutefois pas dire que le message est malhonnête ou qu’il n’est pas dans l’intérêt du public d’en être informé.

Par exemple, les deux premières semaines de la campagne électorale ont été monopolisées par le débat référendaire alors que les partis ont procédé à plusieurs annonces qui visaient à faire connaître d’autres facettes de leur programme. Or, les questions en point de presse revenaient sur la question de la souveraineté et très peu d’importance était accordée à l’information que le parti tentait de communiquer. Ainsi, par le filtre des médias qui n’en avait que pour la chicane référendaire, des questions comme l’éducation, l’économie, l’environnement ou la culture ont eu très peu de couverture médiatique.

  • Les journalistes exercent aussi des tactiques d’influence : par la façon dont ils réalisent une entrevue ou encore le choix des questions posées en conférence de presse, par les choix éditoriaux de couvrir ou non une nouvelle et de l’importance qui lui sera accordée, par le ton de leurs chroniqueurs et par le positionnement de leurs éditorialistes, les médias sont loin d’être neutres et réussisent aussi à faire passer leur vision de la réalité et leurs messages auprès du grand public. De plus, comme ils sont les diffuseurs, ils auront toujours le dernier mot, quoi qu’on en dise.

Laissons la boue aux politiciens…
mariageLes relations publiques et le journalisme sont deux professions encadrées par un code de déontologie qui vise à en encadrer l’éthique et la bonne pratique. Il s’agit d’un mariage de raison où nous avons besoin l’un de l’autre.

Nous avons chacun nos objectifs qui peuvent, à l’occasion, entrer en conflit, notamment lorsqu’une information sensible ne peut être divulguée au moment exact où le journaliste le voudrait. Un des objectifs du relationniste étant la gestion de la réputation de son organisation alors que celui du journaliste d’être le premier sur la nouvelle en exigeant une parfaite transparence de l’information, peu importe les conséquences. Dans le cadre d’une relation professionnelle honnête et respectueuse de la déontologie de chacun, il est possible de travailler ensemble malgré ces contraintes.

Je sais les journalistes intelligents et, malgré leur crainte constante d’être manipulés, ce n’est pas demain la veille qu’ils abandonneront tout sens critique. Donc laissons de côté les étiquettes démagogiques et élevons notre discours professionnel, maintenant que la campagne est terminée.

 
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Publié par le avril 6, 2014 dans Médias, RP, Uncategorized

 

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La paranoïa

La paranoïa en relations publiques peut avoir plusieurs effets et prendre plusieurs visages. Bien que parfois bénéfique parce qu’elle nous aide à entrevoir les potentiels de crises pouvant affecter notre organisation, elle peut aussi entraîner des dérives qui contreviennent à notre déontologie professionnelle, donc à une saine pratique, et ainsi mettre en péril la fragile relation avec nos diverses parties prenantes.

TUpUne saine paranoïa nous permet d’anticiper le pire
Une plus grande paranoïa au sein des organisations pourrait contribuer à une meilleure détection des potentiels de crise : bris mécaniques, défaillances technologiques, équipement inadéquats, conflits latents à l’interne, enjeux conflictuels avec des groupes d’intérêts, etc.

Dans ce cadre, la paranoïa agit comme un signal d’alarme qui nous aide à anticiper le pire afin de mettre en place des mécanismes visant à gérer chacun de ces enjeux, tant à l’interne qu’à l’externe, et ce dans le but d’éviter – le plus possible – l’émergence d’une crise.

Une saine paranoïa motive aussi la mise en place politiques et de balises visant à encadrer – et non contrôler – nos communications avec nos parties prenantes. C’est le cas des politiques globales de communication (voir la Politique de communication du gouvernement du Canada), de même que des politiques de gestion de leurs diverses plateformes sociales (voir la Politique sur les médias sociaux du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec).

TdownLes dérives de la paranoïa
Ceci dit, rappelons que le poison est dans la dose et qu’une trop grande paranoïa peut entraîner des dérives de repli et d’opacité au sein de l’organisation alors que certains – ou plusieurs – de ses acteurs se positionneront en contradiction avec les bonnes intentions énoncées dans ses politiques.

Là où il est sain d’encadrer la communication, on assiste à une volonté de tout contrôler, voire même d’ériger des “murs” visant à protéger l’organisation du “monde extérieur”. Bref, les organisations paranoïaques développent des comportements xénophobes qui nuiront à leur développement et à une saine gestion de leurs relations avec leurs publics et les médias.

À preuve, la hausse des demandes d’accès à l’information ainsi que les dérives de l’application de cette loi (délais inacceptables, contenu caviardé, etc.) récemment dénoncées par la Commissaire à l’information du Canada. Sans compter que de plus en plus d’organismes publics et parapublics dirigent les médias vers ce type de demande dans le but de gagner du temps.

Une telle dérive contrevient à l’article 1 de la déontologie professionnelle des relations publiques, tel qu’énoncé par la Société canadienne des relations publiques :

Tout membre doit pratiquer les relations publiques conformément aux plus hauts standards professionnels. Les membres doivent exercer leur profession conformément à l’intérêt du public et dans le respect de la dignité des personnes, tel que le prévoient les dispositions pertinentes de la Constitution canadienne et de la Charte des droits et libertés.

Cette situation est aussi décriée dans le rapport “Les politiques de communications gouvernementales au Québec : Dans l’intérêt du public ou du gouvernement?” produit par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, en novembre 2011, dont voici un extrait :

Au final, on comprend que pour le gouvernement, le devoir de transparence apparaît comme un mal nécessaire. Le soin minutieux apporté à la gestion des communications et les difficultés parfois lancinantes à obtenir des informations d’intérêt public complètes dans des délais raisonnables portent à penser que l’intérêt politique n’est jamais bien loin.

Le risque de dérive paranoïaque de l’après-Commission Charbonneau
On peut malheureusement prévoir que l’écoute électronique dont ont fait l’objet la FTQ et la FTQ-construction entraînera un sentiment paranoïaque de repli sur soi dans certaines organisations qui privilégieront une plus grande opacité sur l’ouverture et la transparence. On y mettra donc son énergie à ériger des murs de protection plutôt que de travailler avec authenticité à revoir et corriger les pratiques défaillantes.

Les relationnistes de ces organisations devront redoubler d’efforts afin de s’assurer de guider leurs dirigeants dans l’établissement de mécanismes visant assurer une saine gestion de réputation dans un cadre d’ouverture, en complicité avec leurs diverses parties prenantes.

 
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Publié par le février 3, 2014 dans RP, Uncategorized

 

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Le pire et le meilleur des RP : Tootsie Roll vs Krispy Kreme

Récemment, l’émission américaine Sunday Morning, sur les ondes de CBS, a présenté deux reportages dont l’un sur l’entreprise Tootsie Roll et l’autre sur Krispy Kreme. Bien que les reportages possédaient des sujets bien différents, je trouvais intéressant de vous les présenter car chacun, à sa façon, illustre le meilleur et le pire des pratiques en relations publiques. D’abord, présentons le reportage de Nancy Giles sur le “mystère” Tootsie Roll.

L’opacité de Tootsie Roll
Depuis sa création, en 1896, l’entreprise Tootsie Roll, comme la journaliste le mentionne si bien, demeure “enveloppée dans le secret” (Wrapped in secrecy) et maintient un  voile très opaque sur ses recettes et ingrédients, ce qui est compréhensible, mais aussi sur l’ensemble de ses activités ainsi que ses résultats financiers. Dans le reportage, un courtier financier avoue ne plus recommander ce titre aux investisseurs car il est trop difficile d’avoir l’heure juste sur les performances financières de l’entreprise. Même l’emplacement du siège social est gardé comme une base militaire et la journaliste se fait cavalièrement chasser des lieux par un gardien de sécurité.

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Rappelons qu’il s’agit ici d’une entreprise qui fabrique des friandises et non de l’armement nucléaire. À mon avis, ils sont très chanceux que des journalistes ne les aient pas encore pris en grippe et aient dénoncé ce manque de transparence.

L’entreprise aurait tout intérêt à améliorer ses relations publiques et à les adapter à la réalité médiatique du 21e siècle. Cela ne pourra qu’aider sa marque vieillissante à s’actualiser et à s’étendre vers de nouvelles générations de consommateurs.

La générosité de Krispy Kreme
À l’inverse, l’entreprise Krispy Kreme a vraiment compris comment récupérer un message d’apparence cocace sur Facebook et saisir l’opportunité ainsi offerte de s’associer à un message positif et humain.

KK

Le reportage relate l’histoire de Chris Rosati, un homme de 42 ans atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), mieux connue sous l’appellation « maladie de Lou Gehrig », une maladie neuromusculaire évolutive dans laquelle les cellules nerveuses meurent et laissent les muscles volontaires paralysés. Une fois diagnostiqué, Chris s’est mis dans la tête de voler un camion Krispy Kreme et d’en distribuer le contenu à une école de son quartier. Il a partagé son “idée” sur Facebook et Krispy Kreme y a donné suite, non pas avec des menaces légales, mais plutôt en lui fournissant un autobus rempli de beignes afin qu’il puisse les livrer à une école ainsi qu’aux patients d’un hôpital près de chez lui.

Les cyniques diront que l’entreprise a agit d’abord et avant tout pour bien servir son image. À preuve: l’autobus et les bénévoles qui l’ont accompagné dans sa “livraison” étaient clairement identifiés aux couleurs de Krispy Kreme. Et après? Rien ne l’obligeait à le faire. Je dis plutôt qu’il s’agit d’un bel exemple où une entreprise a été à l’écoute de ses réseaux sociaux et a su tirer profit d’une belle opportunité d’avoir un impact dans sa communauté, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique positive dans le cadre d’une histoire à caractère humain, ce dont les médias raffolent!

Bref, chapeau à Krispy Kreme et courage à Chris Rosati dans sa bataille contre la maladie.

 
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Publié par le janvier 13, 2014 dans RP, Uncategorized

 

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Une ville en campagne : un documentaire à voir!

Trop occupés hier soir à fêter l’Halloween avec vos petits monstres et princesses pour visionner l’excellent documentaire Une ville en campagne? Qu’à cela ne tienne, il est toujours diffusé sur le site Web de Télé-Québec et je vous recommande fortement de le regarder (cliquez sur l’image pour le visionner).

MJoly_Docu

Comme relationniste, le côté “coulisses” me passionne et je considère qu’il s’agit du meilleur documentaire du genre depuis la production À hauteur d’homme, réalisée par Jean-Claude Labrecque en 2003, qui suivait alors la campagne électorale provinciale du point de vue de l’entourage de Bernard Landry.

Une ville en campagne est très fidèle à la réalité et suit les quatre candidats à la Mairie de Montréal et leur garde rapprochée entre mai et octobre. On les voit préparer leurs messages-clés et leur “ligne” médiatique, raffiner leur stratégie en vue des débats, réaliser des entrevues dans les médias, rencontrer les citoyens, etc.

Ils nous donnent aussi, en entrevue individuelle, leur vision plus personnelle sur leur campagne et surtout cette réalité médiatique avec laquelle ils n’ont pas tous le même niveau de confort. Par exemple, on y voit un Marcel Côté qui trouve visiblement difficile et frustrant d’avoir à livrer son message sous forme de “clip”. On réussit même à leur extirper quelques qualités de leurs adversaires!

Mais la question à 1000 $ demeure. Est-ce que ce documentaire influencera l’électeur ce dimanche, une fois seul dans l’urne avec son bulletin de vote? On s’en reparle le 4 novembre.

 
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Publié par le novembre 1, 2013 dans Médias, RP, Uncategorized

 

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